Une approche inspirée de la médecine traditionnelle chinoise
Publié en 2022 — mis à jour en 2026 selon l’approche clinique actuelle.
Une cicatrice ne se résume pas à une trace visible sur la peau.
Même lorsque la plaie est refermée, les tissus sous-jacents peuvent rester tendus, densifiés ou hypersensibles, influençant la mobilité, la posture ou certaines douleurs à distance.
Dans l’approche de la médecine traditionnelle chinoise et du travail fascial en acupuncture, la cicatrice est considérée comme une zone de perturbation potentielle de la circulation et de l’adaptabilité des tissus.
Quand une cicatrice « guérie » continue d’agir
Un dicton chinois dit :
« Lorsque la cicatrice est guérie, la douleur est oubliée. »
Dans la pratique, ce n’est pas toujours le cas.
Après une chirurgie ou une suture, les tissus peuvent avoir été refermés sous tension. Il en résulte parfois une induration persistante, une sensation de tiraillement, ou une hypersensibilité locale, même des années plus tard.
Ces tensions peuvent rester silencieuses longtemps, puis se manifester sous forme de douleurs diffuses, de troubles fonctionnels ou d’un inconfort difficile à relier directement à la cicatrice.
L’importance d’observer et d’accompagner les cicatrices
Durant ma formation, mon enseignant insistait souvent sur un point essentiel :
lorsqu’une cicatrice est présente, elle mérite toujours d’être observée et évaluée.
Cette attention ne vise pas à attribuer tous les symptômes à une cicatrice, mais à reconnaître qu’elle peut parfois jouer un rôle dans l’équilibre global du corps.
Depuis de nombreuses années, j’intègre ce principe dans ma pratique, avec prudence et discernement, lorsque le contexte clinique s’y prête.
Quelques situations rencontrées en pratique
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Un homme d’une quarantaine d’années, opéré du dos à l’âge de 25 ans, présentait de longues cicatrices chirurgicales. Des années plus tard, des douleurs persistantes semblaient associées à une forte rigidité tissulaire autour de ces zones.
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Un homme d’une soixantaine d’années souffrant de névralgie du trijumeau a vu son inconfort s’atténuer après un travail global incluant l’accompagnement de certaines cicatrices anciennes.
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Une grand-mère ayant subi une césarienne présentait des troubles urinaires associés à une zone cicatricielle très tendue. Un travail doux et progressif a contribué à une amélioration de son confort.
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Enfin, sur un plan plus personnel, je repense souvent à ma propre grand-mère, opérée tardivement de l’estomac. Sa cicatrice, restée rigide, limitait sa capacité à se redresser. Avec le recul, je mesure combien un accompagnement adapté aurait pu améliorer sa qualité de vie.
Une approche prudente, individualisée et complémentaire
Le travail sur les cicatrices en acupuncture et en approche fasciale ne constitue pas un traitement médical et ne remplace pas un suivi chirurgical ou médical lorsque celui-ci est nécessaire.
Il s’inscrit dans une démarche complémentaire, respectueuse du rythme du corps, visant à :
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améliorer la qualité des tissus,
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restaurer une certaine mobilité locale,
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et soutenir l’adaptabilité globale du système.
Chaque situation est unique, et toute intervention se fait dans un cadre attentif, progressif et individualisé.
