Le corps a une mémoire.
Il se souvient des efforts répétés, des tensions prolongées, des périodes où il a fallu tenir sans relâche.

Cette mémoire n’est pas mentale.
Elle est inscrite dans les tissus, dans la respiration, dans le tonus musculaire,
dans la manière dont le corps anticipe, se protège, se contracte.

Mais se souvenir ne signifie pas être condamné.

La mémoire du corps n’est pas figée

Le corps n’archive pas pour enfermer.
Il enregistre pour s’adapter.

Lorsque certaines contraintes ont duré trop longtemps,
les tissus s’organisent autrement.
Ils deviennent plus denses, moins mobiles, plus vigilants.

Ce n’est pas une erreur.
C’est une stratégie de survie.

La réorganisation est possible

Lorsque l’environnement change —
lorsque le rythme ralentit,
lorsque le système nerveux se sent plus en sécurité,
lorsque le corps n’a plus besoin de se défendre en permanence —

alors autre chose devient possible.

Les tissus peuvent retrouver du mouvement.
La respiration peut s’élargir.
Les zones figées peuvent s’assouplir.
Le corps peut se réorganiser.

Cela ne se fait pas par la force,
mais par des conditions favorables.

Le temps du corps

La réorganisation ne suit pas le temps de l’esprit.
Elle ne répond pas aux injonctions ni aux calendriers.

Elle progresse par petites touches :

  • une réaction moins intense

  • une récupération plus rapide

  • un sommeil plus profond

  • une sensation d’unité retrouvée

  • une confiance corporelle qui revient

Ce sont souvent des changements subtils,
mais profondément structurants.

Une autre manière de regarder le passé

Le corps n’oublie pas ce qu’il a traversé.
Mais il n’est pas condamné à le répéter.

Lorsque l’on cesse de lui demander d’aller contre lui-même,
il trouve souvent les ressources pour se réorganiser autrement.

Parfois, la guérison ne consiste pas à effacer,
mais à permettre au corps de ne plus porter seul ce qu’il a mémorisé.