Réflexion clinique sur l’équilibre et l’épuisement

Dans notre société moderne, beaucoup de personnes sont capables de faire beaucoup de choses.
Travailler longtemps, s’entraîner intensément, enchaîner les responsabilités.

Mais peu à peu, une chose se perd :
la capacité à se reposer réellement.

Non pas parce que le repos est impossible,
mais parce que son importance n’est plus perçue.

Quand le mouvement devient le seul mode possible

En consultation, j’entends souvent :

« Si je m’arrête, je n’y arrive pas. »
« J’ai besoin de bouger. »
« Je me reposerai plus tard, quand je serai plus âgé(e). »

Ces personnes ne sont pas fragiles.
Au contraire, elles sont souvent très résistantes, engagées, volontaires.

Mais leur corps raconte une autre histoire.

Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, infections urinaires à répétition, troubles du sommeil, fatigue persistante…
Ces manifestations ne sont pas anodines.

Ce sont des signaux d’alerte.

 

Les réserves du corps ne sont pas infinies

En médecine chinoise, on parle de réserves profondes — ce qui soutient la vitalité sur le long terme.

Elles peuvent être protégées.
Elles peuvent être soutenues.
Mais lorsqu’elles sont sollicitées en permanence sans récupération suffisante,
le corps commence à prévenir.

Un peu comme un compte bancaire :
si l’on dépense sans jamais recharger,
le solde finit par s’épuiser.

Et lorsque cela arrive, le vieillissement et la fatigue s’accélèrent — parfois brutalement.

Le repos n’est pas l’inaction

Se reposer ne signifie pas « ne rien faire ».
Cela signifie permettre au corps de se réparer, de s’intégrer, de récupérer.

Sans récupération, l’effort devient coûteux.
Le mouvement sans repos n’apporte plus d’énergie — il en consomme.

Le corps prévient toujours avant de lâcher

Le corps ne s’effondre pas sans prévenir.
Il envoie d’abord des signaux discrets,
puis de plus en plus clairs.

Les symptômes ne sont pas des ennemis.
Ils sont une tentative de communication.

Une approche clinique différente

Mon travail n’est pas de demander aux personnes de s’arrêter de vivre ou d’agir.
Il est d’aider le corps à retrouver la capacité de se poser,
afin que le mouvement puisse continuer — plus longtemps, et dans de meilleures conditions.

La longévité n’est pas une question d’intensité.
C’est une question de rythme.