Le mouvement est souvent présenté comme une solution universelle.
S’asseoir moins. Bouger plus. Activer le système.

Mais la régulation ne commence pas par l’activité.
Elle commence par l’autorisation.

La contraction musculaire n’est pas uniquement mécanique.
C’est un événement de signalisation — un message adressé au système nerveux :
« Je suis là. Je suis actif. Je suis en sécurité. »

Lorsque le système est réceptif, ces signaux soutiennent la plasticité :
renouvellement métabolique, soutien neuronal, capacité d’adaptation.

Mais ces signaux ne se stockent pas.
Ils n’existent que dans le rythme — instant après instant.

Et c’est ici qu’apparaît une distinction essentielle, souvent négligée :

Un système en protection ne reçoit pas les signaux de la même manière.

Dans les états de douleur chronique, d’hypervigilance ou de désorganisation prolongée,
le mouvement peut être perçu non comme une ressource,
mais comme une intrusion.

L’activation sans autorisation ne régule pas.
Elle surcharge.

C’est pourquoi, en clinique, la vraie question n’est pas :
« Le patient bouge-t-il suffisamment ? »

Mais plutôt :

  • Le système peut-il recevoir un signal ?

  • Existe-t-il une zone où l’intervention est tolérée ?

  • Le rythme de stimulation est-il inférieur au seuil défensif ?

La régulation ne vient pas de l’ajout.
Elle naît du rétablissement des conditions de passage.

Alors seulement, le mouvement retrouve son sens biologique —
non comme un effort,
mais comme un dialogue.